UNE MALADIE DU TRAVAIL ?
« Il n’existe pas de classification médicale pour le “workaholism”. S’il n’y a pas de critères de maladie, c’est peut-être que ce n’en est pas une. D’ailleurs, il n’existe pas de traitement ad hoc, ni de consultations spécifiques sur cette addiction. Il s’agit d’une relation anxieuse et envahissante à son travail », observe Michel Lejoyeux, professeur de psychiatrie à l’université Denis-Diderot et auteur des 4 saisons de la bonne humeur (éditions JC Lattès). Et pourtant, classification ou pas, les accros au boulot se comptent par milliers en France. « Les populations précaires, type les jeunes et les seniors surinvestissent leur emploi par peur de le perdre. Les femmes sont également particulièrement touchées car elles doivent en faire davantage que les hommes pour parvenir aux mêmes responsabilités, quitte à s’en rendre malade parfois », souligne Alexis Peschard, addictologue et directeur associé du cabinet GAE Conseil.